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2003
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| Parfois,
de vastes taches d'un vert profond contraste sur ce monde minéral
: ce sont les coloquintes rampantes, porteuses de courges indigestes que
seuls les ânes arrivent à manger : amères et dépuratives.
Il paraît que seuls les pépins sont comestibles. Ce fruit m'a toujours étonné dans ces contrée arides, comme au Maroc. Il ne semble être là que pour le plaisir des yeux, sans prédateurs, à capter l'eau précieuse. Tout est sur le sol. Un uf de vipère des sables, oblong et coloré d'incrustation d'ocres, témoigne de la présence de ce reptile dangereux, mortel en ce pays. Les coquillages sont toujours présents, effleurant des strates de sédiments fragiles érodées par le vent et le sable. Témoignage de la présence d'eau à une époque reculée où vivaient hippopotames, crocodiles ainsi que d'autres animaux aujourd'hui disparus. Le changement climatique en a été l'auteur, l'homme s'est occupé du reste avec la chasse. Le vent nous donne une température fraîche, et je suis surpris de garder ma polaire alors qu'il fait 23° ! J'ai
fait un bout de chemin dans les dunes avec Ahmed qui m'a laissé
la longe d'un chameau. Nous avons serpenté dans les dunes, selon un trajet moins direct que celui du randonneur qui ne craint pas le dénivelé parfois important des dunes. Ces bêtes chargées s'accommodent mal des descentes trop raides. Ces
animaux sont des bêtes de bat, paisibles et placides. Prenez néanmoins
garde à ne point pointer votre flair sous leur gueule ! Ils ont
une haleine n'ayant rien du Chanel. Les chargements sont alternés chaque jour, prenant en compte l'age des animaux. Les plus jeunes sont peu chargés et destinés si nécessaire à notre transport en cas de maladie ou de blessure. Les autres semblent insensibles à ces barils métalliques : un de chaque coté, soit plus de 200 kg en plus du reste. Dire que nous ne mangeons que des conserves ! Nos sacs personnels qu'ils trimballent d'un bivouac à l'autre sont certes volumineux, mais ne pèsent en fait que 15 kg chacun. L'eau est le trésor qui prend la valeur et la densité de l'or. |

| Pause
repas à midi a coté d'acacias dont les épines sont
à l'aune de leur taille : monstrueusement douloureuses. Inutile
d'essayer de marcher pied-nus. J'admire une procession de fourmis ayant
la couleur de l'argent, on dirait des insectes sortis d'un film de science-fiction.
L'immersion dans cette contré fabuleuse est aussi l'occasion de rencontres subjectives, avec ces personnes qui sont venues comme moi trouver ici on ne sait quoi, sinon la sérénité que provoque un trek. Je vous présenterais certainement ces personnages en fin de carnet de voyage. Ils sont déjà en ce quatrième jour, des êtres précieux et plein de poésies : Jean Pierre, Jacques, Emmanuel et Emmanuelle, Bruno, Danièle, Michèle, Pauline et Thierry. Ils sont aussi ces personnes qui sont à l'origine de ce site. Cette étape est difficile pour l'appareil photo. Le vent de sable n'est pas bon pour ces mécaniques précises. Mais qu'est ce qu'un appareil photo ? Il mérite de mourir à immortaliser ces images. Aujourd'hui, j'ai mitraillé comme un fou, obnubilé chaque seconde. 14h30 : le soleil nous enveloppe de ses 30°, bien qu'il fasse toujours " frais " à l'ombre avec le zef perpétuel.. L'après midi, changement de paysages alors que l'on s 'éloigne des dunes, pour errer à travers les acacias et les champs de coloquintes. Le paysage devient plus monotone, avec plus de contrastes colorés, mais moins de ressentis esthétiques. Le
vent est stoppé par les buissons environnants pourtant bas, et
la chaleur devient vite harassante, avec ce soleil qui nous fait face. |
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