Mauritanie

2003

Visions troublantes de ces espaces
de cette vie sortant néant.
Immersion prenante de ce désert
sérénité venant du rien

C'est lorsque le vide m'environne
que je me sent empli de tout


Battements du cœur
Envahissement plaisant
Tel l'écorché de l'abandon
L'éloignement est ravissant
Interdiction pour chaque faute
Que j'imagine mener trop loin
Un doux émoi qui me transporte
Fragilité au sein du vide
Ce sentiment me comble ainsi
Paroles vaines, paroles bides
C'est un néant qui m'envahie
Avec cette fleur qui s'épanouie
Je me remplie de plein d'envies
Et vois perplexe partir mes rides.

 

Courbes érotiques de lanature
Don de vertiges

Il y a beaucoup de pâturages, ce qui est extraordinaire en ce pays. L'année est bonne, Alah favorable !
La marche est hypnotique et apaisante. Le soleil accompagne notre progression d'un crescendo thermique bien agréable : 20° à 9 heure, 21° à 10 heure.

Au loin
une barrière minérale
Par où nous passerons
demain peut etre

Est-ce important ?

 

Nous apercevons au loin une large vallée, ainsi qu'une chaîne de relief dans laquelle se profile notre cap : une passe que nous franchirons demain certainement. Elle est distante de 30 km. Je n'ai pas cette valeur de la distance que me donne Ahmadou. Il n'y a plus de temps et les distances s'estompent aussi. 1 km, 30 km : pareil au même.

Nous ferons la pause à midi, toujours sous le meilleur acacia celui qui prodigue le plus d'ombre. La température de 29° est très supportable en ces contrées annihilant tout temps.

Alors que chacun s'apprête au temps du farniente, apparaît au loin un groupe de femmes maures qui viennent commercer avec nous. Je me suis éloigné d'une centaine de mètres, sous un autre arbre, afin de goûter cette quiétude et de profiter de la solitude offerte par ces paysages.

Ces belles femmes restent discrètes et silencieuses. Pas d'agressivité commerciale, nous sommes maîtres de ce qui va se passer. C'est la psychologie du inch Alla ! Personne ne force quiconque et elles attendent le désirs que leurs objets feront naître en nous.

Le regard est le maître de ce pays. Sans un mot, s'expriment les discussions pleines de sourires et de simplicité. Sommes nous si mystérieux avec nos poches pleines de ces ouguiya (monnaie locale) qu'elles espèrent afin de s'acheter l'essentiel ? Il en ressort que le commerce revêt ici une valeur de survie qu'il est impossible d'imaginer dans les villes.


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