Mauritanie

2003


 

Il nous reste 30 minutes avant la coucher du soleil, pour préparer nos bivouacs.
Je gagne des minutes de contemplation de l'aube en décidant de me vouer à la belle étoile.
Le vent tombe avec l'obscurité naissante, une demi-lune ne voile pourtant pas le ciel où il est possible de voir les différentes couleurs des étoiles.

Bivouac Espace

Je passe cette première soirée avec nos chameliers qui m'offrent le thé, alors qu'ils confectionnent le pain sous le sable et les braises. Le feu est bienvenu. Mohamed, le chef chamelier me demande de l'aspirine, car il souffre de mal de dent s'aggravant avec le froid nocturne. Ils souffrent de cette température qui est pour moi idéale (20°C). Mal équipés, ils dorment dehors sous des couvertures de laine, et c'est toujours le froid qui les réveille au petit matin vers 4 heures. Ils préparent alors le feu pour leur premier thé, et afin de se réchauffer avant d'aller chercher les chameaux dans les environs.

Ibrahim, le jeune frère d'Ahmadou, faisant office de cuisinier, me parle de son travail. Il est ingénieur des eaux dans ce pays où il n'existe qu'une seule réserve qui est alimentée par la pluie, et le fleuve sénégal.
Eaux précieuse de ces puits qui une fois taris, seront perdus. L'eau est fossile, et il me parle de toute cette information qu'il convient de donner aux maures, afin de préserver cet or blanc, source de la vie. L'écologie est ici vitale.

 

 

21h30. Le silence est absolu mis à part les sauterelles. Le ciel étoilé est fabuleux, il fait maintenant 16°, mais le repas avec soupe au vermicelle agrémentée de cumin, puis une bonne platée de spaghetti, et enfin de la compote de pomme m'a réchauffé. La nuit va être fraîche.
Je me couche après avoir bu cette eau sortie des jerricans transportés, au goût de plastique, à la couleur opaque. Le désinfectant rajoute encore de l'amertume. Mais c'est de l'eau, la seule disponible.
De mon sac de couchage, j'observe la constellation d'Orion, berceau de mondes. La lune traversera notre plafond durant toute la nuit.
Une étoile filante prend le temps d'entrer dans l'atmosphère. Elle n'est pas fugitive au regard, et sa luminosité nous indique qu'elle n'était pas loin.

J'ai les jambes lourdes, mais la tête légère pour cette première nuit dans ces immensités.
Je suis loin de tout, et tout souci s'est évaporé.


 

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