INDE

1983

 

Sur les bords du Gange.

Une expérience fabuleuse, voyage vers ce que nous nous imaginons de notre histoire du moyen age, mais avec la différence de cette culture qu'il est impossible d'appréhender sans s'y emmerger .

La mort fait partie de la vie dans cette contrée lumineuse.

Benares

J'ai eu le plaisir de discutter à batons rompus avec un indien muet durant une nuit entière, j'ai tout compris de son langage corporel.

Pourtant, je n'ai pas osé me baigner dans ces eaux mystiques, j'y ai vu passer des cadavres d'enfants ( les enfants morts nés n'existent pas ici et sont jetés dans le fleuve), ainsi que des Lamentains (dauphins blancs du fleuve).

On dit qu'il y a tellement de choses dans ce fleuve, qu'il est stérile, les bactéries présentes s'ihinibent mutuellement.

Les cendres des morts y sont jetées,j 'ai vu les buchets pour lesquels les familles se ruinaient afin d'offrir un nouveau karma à leurs proches, le prix du bois est comme celui de l'or chez nous. J'ai vu ces corps carbonisés sans oser les prendre en photo: respect de l'individu

J 'ai vu les cadavres d'animaux flottant dans ce fleuve sacré.

Alors, en petit européen de 20 ans plein des valeurs de notre occident, j'ai été stoppé par ce bouillon de cultures, n'osant y faire ces ablutions qui motivaient mon voyage.

Vanarassi, Bénares Fleuve sacré : l'un des plus beaux souvenirs de ma vie, l'un de ces seuls lieux que je n'ai osé prendre en photo tant l'esprit du lieu m'interdisait de voler quoi que ce soit.

Pourtant, ce coin du monde reste celui ou je me suis senti le plus humain, celui ou l'on m'a renvoyé mon insignifiance et mon importance.

 

On désire aller sur Mars alors que l'altérité est si proche de nous.

 

Je connais plein de personnes qui sont allées en Inde et sont revenues tres vite, ne supportant pas cette confrontation de ce que la vie présente de réalité.

C'est un pays ou l'on apprend à se confronter à la vie, ou à continuer à végéter comme un consommateur sans esprit de résistance.

L'Inde m'a faconnée, faisant ce que je suis aujourd'hui : imparfait mais toujours à la recherche du mieux.


Je suis bien un touriste !

Mais comment ne pas s'arretter face a la vie de cet enfant ( enfant chez nous mais travailleur ici désirant donner à manger à son python et à sa famille)

La photo est posée certainement, elle ne donne aucune indication sur la rencontre que j'ai eu avec ce jeune indien et ses amis.

L'arrière plan donne plus de sens à ce qui se passait.

Un jeune Européen, muni d'un appareil photo dont le prix représentait tout ce qu'ils pourraient gagner durant toute leurs vies...
Et pourtant ces sourrires qu'ils m'offraient gratuitement pour etre simplement là !!

J'ai donné, quoi, une roupie, misère pour moi, mais un jour de survie pour eux ?

Dire que ce genre de photo se négocie pour une centaine d'euros actuellement !!!

J'ai honte d'avoir volé cette magnifique image sans en faire profiter le magnifique sujet et ses amis présents.


Le plaisir de la rencontre, simplement.....

J'adore cette photo prise sur le vif, avec l'autorisation des sujets.

Regardez ces sourrires, plaisirs de la rencontre.

C'était en passant dans une rue de Delhi, j'ai volé cette image car la joie de me rencontrer, de regarder cet "autre blanc" venant d'une planète inconnue, égalait ce plaisir que j'avais de me sentir aussi sur un autre monde plein de semblables.

Je l'ai volé avec l'accord de cette famille sur le pas de sa porte. La mère était bien occupée à prendre soin des cheveux de sa fille.

Ce sourrire de cette belle enfant indienne, celui de son frère avec son petit chien, c'est un des meilleurs souvenirs de mon immersion dans leur monde.

Sourrires !!!

Inde


 


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